Pratique très simple. Les taux d'intérêt au Japon sont inférieurs à 1 %. Dès lors, si j'emprunte 100 000 yen, après un an, je devrai restituer à la banque environ 101 000 yen. Par conséquent, si, aussitôt l'emprunt obtenu, j'échange les yen avec des Euros et je les investis dans des simples livrets A, par exemple, j'aurai un rendement de 4 % par an hors taxes. Donc, après un an, quatre mille yen, avec un bénéfice net d'un peu moins de 3 000 yen si l'on considère les commissions d'échange des devises. Voilà comment des sommes faramineuses, on parle de 1 000 milliards de dollars, font l'aller-retour entre l'Europe et les États-Unis, d'une part, et le Japon, d'autre part. Des sommes qui pourraient être destinées à l'investissement, par exemple pour améliorer la qualité de la production, et créer des emplois; des ressources soustraites aux progrès de l'humanité et consacrées à l'enrichissement injuste d'une oligarchie financière. Le bonheur de la crise, c'est que, grâce à elle, à en juger de la brusque réévaluation du yen, des mesures seront prises pour interdire le yen carry trade. Au moins ça.